Les fromages de l’Outaouais à la conquête de l'Ontario

La fromagerie Montebello fait saliver des Torontois

Alain Boyer a eu un moment d’émotion quand il est entré au  Maple Leaf Gardens pour y trouver, dans un rayon de l’épicerie Loblaws, son tout premier fromage, le Tête à Papineau. 

Trois ans à peine après avoir démarré la Fromagerie Montebello avec Guy Boucher, comptable de formation, l’entrepreneur fromager voyait ainsi le fruit de ses efforts disponible dans une épicerie torontoise, dans l’un des plus beaux supermarchés de la ville à part cela ! 

L’Ontario « avant » le Québec

Comment l’entreprise de la Petite-Nation a-t-elle pu entrer dans le marché des grandes chaînes comme Loblaws ? 

« J’accorde tout le crédit à Peter Warburton d’Export Outaouais », répond M. Boyer sans hésiter. « C’est même grâce à Export Outaouais, qui a organisé plusieurs missions commerciales à Toronto, qu’une entente avec l’acheteur de fromages de Loblaws a été conclue sur-le-champ. Tout était clé en main. » 

Cependant, avant de percer concrètement en Ontario, il fallait avoir un distributeur dans cette province. Une petite liste de distributeurs ontariens établis a été fournie par la Délégation du Québec à Toronto à M. Boyer, qui en a rencontré quelques-uns. Woolwich Dairy a été choisi « parce qu’il y avait de bonnes références sur eux et parce que notre distributeur québécois était déjà partenaire d’affaires avec eux ». 

M. Boyer dit avoir fait les choses à l’envers : au lieu de saturer le marché du Québec avec ses produits, comme le lui recommandait son distributeur québécois, la PME a percé le marché ontarien rapidement, après s’être d’abord fait connaître en région. 

De l’autre côté de la rivière 

Selon Peter Warburton, conseiller à l’international chez Export Outaouais, « la Fromagerie de Montebello jouissait de deux avantages concurrentiels au moment de faire la prospection à Toronto. Primo, il y avait le volume (on parle de 200 meules produites par semaine pour un des deux produits phares). Deuxièmement, la fromagerie possédait une certification fédérale. Cela veut dire qu’elle peut vendre hors Québec tous ses produits, étiquetés dans les deux langues. » La Fromagerie Montebello avait fait le choix – stratégique, vu sa proximité avec l’Ontario – de prendre la route « fédérale » plutôt que la route « MAPAQ »... 

Une excellente décision d’affaires. 

Le Tête à Papineau vient de remporter la troisième place au concours de la Royal Agricultural Winter Fair dans la catégorie surface-ripened cheese et il est aussi finaliste au concours des fromages fins canadiens, dans la catégorie des fromages semi-fermes. Il a été sélectionné parmi 274 fromages, devançant plusieurs autres fromages québécois. « Cela nous fait deux concours remportés en Ontario », fait valoir M. Boyer non sans une pointe... de fierté.

Il y a aussi le Rébellion 1837, une pâte semi-ferme persillée (bleue) ainsi qu’un fromage de brebis dont le nom, Manchebello, est un clin d’oeil à la Manche et à cette autre rivière séparant le Québec et l’Ontario. Une frontière franchie sans effort grâce à Export Outaouais... L’homme d’affaires prévoit maintenant prendre la route de l’Ouest canadien dans le futur avec ses fromages. 


 

Entreprise exportatrice de la semaine 

  • Fromages présents chez Loblaws et Loeb partout en Ontario
  • Entrée prochaine chez Farm Boy, Longo’s, Wholefoods et Sobey’s
  • Près de 6,000 meules de fromage par an
  • Jusqu’à 10 employés en haute saison
  • Finaliste des Prix Mercador de l’Outaouais 2014

www.fromagerie-montebello.ca


 

Avis de l'expert

Lorsqu’une entreprise fait son entrée dans une ou plusieurs grandes chaînes de détaillants, il est fondamental de bien en
mesurer tous les impacts. 

Si l’augmentation des ventes et des commandes est en soi toujours une bonne nouvelle, les liquidités de l’entreprise vont être mises à contribution pour financer les besoins accrus en inventaire. 

L’entreprise a-t-elle les reins assez solides pour financer cette croissance ? Comprend-elle les outils financiers à sa portée pour financer ses inventaires et ses comptes recevables ? A-t-elle la capacité de production pour répondre à la demande ?

De plus, un trop haut volume de commandes sur une gamme de produits où les marges sont plus faibles peut mettre à risque toute la rentabilité de l’entreprise.
Avant toute expansion de ce type, l’entreprise doit maîtriser ses coûts de production et ses marges de profit pour bien équilibrer son offre et assurer la rentabilité globale de celle-ci.


Alain Tremblay
CPA auditeur, CA, CA·TI
Associé Certification

Raymond Chabot Grant Thornton


Nos partenaires